Mulhouse l’Industrieuse

© Bouguereau-tondo-Kempf
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Dans la capitale haut-rhinoise, l’art du dessin et de la peinture n’a pas brillé uniquement dans l’univers de l’impression sur étoffes et du papier peint. Dotée d’une industrie prospère, la ville a su se constituer aussi un patrimoine artistique digne des plus grands musées.

La cité, devenue française en 1798 seulement, fait preuve au 19e siècle d’une vitalité économique exceptionnelle. Alors, elle se prend à rêver d’un statut de métropole à la mesure de ses ambitions. Dans cette aspiration à une « visibilité » digne de ses grands capitaines d’industrie apparaît une lacune, celle d’un grand musée.
C’est la Société Industrielle de Mulhouse qui se fera le porte drapeau de cette nouvelle entreprise en fondant le Musée des Beaux-Arts en 1864. C’est une belle demeure du 18e siècle, la Villa Steinbach, entièrement rénovée en 1985, qui fournira l’écrin destiné à accueillir ce joyau.
Ses collections, constituée essentiellement de peintures européennes de la fin du Moyen Âge à l’époque contemporaine, font la part belle au 19e siècle. L’époque médiévale est superbement représentée par le fameux retable de Rheinfelden. Quant aux artistes alsaciens, ils sont particulièrement choyés. Ainsi, les œuvres de Wencker, Brion, Pabst ou Jundt, faisant la part belle au folklore, partagent les lieux avec les aquarelles de Zuber et les peintures de Benner, Zipélius ou Zwiller. Sans oublier Jean-Jacques Henner, célèbre entre tous, dont le musée possède une quarantaine d’œuvres.

Coordonnées

03 89 33 78 11

Musée des Beaux Arts


Vidéo


Focus

De « l’enfer » au « pompier »

Au sommet des œuvres cultes du musée trône la « Scène de patinage » de Pierre Brueghel le Jeune dit « d’Enfer ». Une peinture sur bois de 1613. De Camille Pabst on ne manquera pas « L’envoi du Tonkin », huile sur toile de 1885. La scène campe une famille alsacienne déballant une caisse expédiée du Tonkin. Le fils se serait illustré en Asie. Sauf que l’Alsace, à cette époque, est rattachée à l’Allemagne alors que le Tonkin est une colonie française. En réalité, le jeune homme s’est engagé dans la légion étrangère et la peinture, sous des allures d’Alsace profonde, célèbre les vertus patriotiques. Porté aux nues puis voué aux gémonies. Le tableau de William Bouguereau, « Flore et Zéphyr », huile sur toile de 1875, valut à son créateur d’être glorifié de son vivant. Pour devenir, par la suite, objet de risée comme représentant de l’art « pompier ». De nos jours, Bouguereau est à nouveau sur son piédestal comme un des plus grands peintres français du 19e siècle.