Les Saint-Bernard de la Pierre

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Leur mission, depuis des siècles, consiste à veiller à la bonne santé de la Grande Dame. Tailleurs de pierre et sculpteurs forment une confrérie prenant jour et nuit le pouls de la cathédrale de Strasbourg afin d’en assurer l’intégrité physique. Leur camp de base : la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, installée à deux pas de l’auguste édifice.

Elle a été créée il y a huit siècles. Les artisans qu’elle héberge perpétuent la grande tradition des bâtisseurs. Quant aux outils, toujours les mêmes, ils n’ont pas pris une ride au fil du temps. Le travail est fait à la main selon les méthodes anciennes et sans outils pneumatiques. L’huile de coude demeure une valeur sûre dans l’entretien et la restauration de l’église.

Les tailleurs de pierre ont tout d’abord pour charge de façonner la pierre au millimètre près. L’étape ultérieure consiste à appliquer des « gabarits » pour parvenir à un volume géométrique précis de la pièce à réaliser. Le traçage se fait à l’aide de la règle, du compas et de l’équerre. Pour chaque surface à traiter, on suit des règles séculaires avec toujours les mêmes étapes : le « dégrossissage », « l’approche » à la gradine (ciseau très effilé) ou aux deux-pics puis la « finition » au ciseau ou au fer à charruer (outil de taille et à percussion).

Quand l’exécution passe de la géométrie à l’ornementation, c’est au sculpteur d’entrer en scène. Ainsi, certaines pièces comme les pinacles et les fleurons nécessitent son intervention.

Une galerie fantastique

Ce dernier, sans se la jouer « artiste », porte sur ses épaules la lourde responsabilité de restituer les formes plus ou moins élaborées dont s’habille la cathédrale. Jusqu’à copier fidèlement une statue en fin de vie. Pour ce faire, il a recours à un moule en plâtre. Encore aujourd’hui, les sculpteurs de la Fondation réalisent ces moules à partir d’une couche d’élastomère dont on badigeonne le sujet à reproduire. Cette matière est très souple et se détache facilement du support. Les tout premiers plâtres datent du 19e siècle. Et la Fondation regorge de telles reproductions jalousement conservées dans un dédale de rayonnages où se succèdent bustes, têtes, corps entiers de créatures terrestres, imaginaires, saintes ou divines qui donnent le vertige.

L’apprentissage du métier de sculpteur est une véritable vocation et les artisans affectés à la noble tâche de la restauration du patrimoine se font de plus en plus rares. Une espèce à protéger pour continuer à faire vivre notre mémoire collective.

Coordonnées

03 68 98 51 42

Fondation de l’Oeuvre Notre-Dame