Gestes pour le faire, mots pour le dire

© Goupe folklorique d’Engwiller
© Goupe folklorique d’Engwiller
A-  |  A+
La danse, en Alsace, couvre un champ considérable de thèmes et de figures. Emblème de convivialité, elle assure une cohésion sociale, accompagne les rites et marque les temps forts du calendrier. Petit aperçu d’une grande diversité.

La danse est un langage et un rite. Par ces signes forts que sont la musique, les chants, les gestes et les costumes, on raconte en peu de temps des événements qui occupent toute une communauté. Le mariage est sans conteste le premier de ces temps festifs qui voit des promis faire cortège au son des violons, vielles et flûtes. En ville, c’est le parquet des belles demeures qui accueille les élégantes et les élégants évoluant en quadrille ou en ligne. Retour au village où la fête bat son plein. Les conscrits, dans la fleur de l’âge, se défient sur des pas de danse. Le bal s’emballe et l’on valse avec son partenaire dans un rythme endiablé au son des cuivres et des accordéons. Ambiance plus douce lors des veillées où les jeunes gens écoutent les contes et légendes d’autrefois tout en s’essayant à la danse, dans l’espoir secret de rencontrer leur promise. Les corporations ont aussi leur mot à dire par l’entremise de chorégraphies chargées de sens et de symboles, tandis que des « rondes solaires » reprennent un langage rituel vieux comme le monde.
Peut-être seriez-vous conquis par une « sarabande », cette danse d’origine espagnole affectionnée par les nobles ? Ou bien votre préférence irait-elle à un « branle » choisi par les jeunes gens pour faire la quête lors du carnaval ou des fêtes du printemps afin d’obtenir des fleurs, des beignets, des œufs ou… de l’alcool ? En toute modération bien entendu.

Contact

03 89 35 48 48

Holatrio Hop’sasa


Focus

En scène les conscrits !

© Goupe folklorique du Pays de Hanau Une véritable institution que la « danse des conscrits » ! Jadis, le conscrit était engagé pour sept années de service militaire. L’affaire se décidait par tirage au sort. Une fois le numéro tiré, celui-ci était épinglé sur le chapeau du candidat où venaient le rejoindre des rubans de couleur. La conscription comptait au nombre des rites initiatiques donnant droit à une place véritable dans la communauté villageoise. S’engager dans le service militaire signifiait également aller au-devant du danger.

Aussi, le conscrit portait des habits hauts en couleur, tel un jeune marié en partance pour des noces dont l’issue pouvait s’avérer fatale. Son implication était nettement plus joyeuse lors des fêtes de carnaval et du printemps.